Les coulisses de l’entrepreneur créatif

La vie d’entrepreneur n’est pas de tout repos… enfin, la vie elle-même n’est pas de tout repos de toute façon! =p Voilà près de 3 ans que je suis entrepreneur et je me suis dit que ce serait sympa de vous dévoiler un peu les coulisses de ce magnifique univers dans lequel baigne l’entrepreneur… en particulier, l’entrepreneur créatif que je suis (doit-on dire « entrepreneur » ou « entrepreneuse »? vous voyez, ça commence déjà à être compliqué).

attrape-rêve artisanal

(Attrape-rêve de la collection « Dreamcatcher« )

Les belles photographies du monde des merveilles

Les photographies sont l’un des aspects les plus importants lorsqu’on vend un produit! Il faut une belle photo, bien lumineuse, parfaitement nette et si possible avec une jolie mise en scène! Mais-mais, ce que la photo ne vous dit pas, c’est le temps qu’il a fallu pour arriver à faire une photo potable qui met bien en valeur nos produits. Parfois, c’est la luminosité qui craint. Ou alors, nos mains tremblent à force de faire la même photographie 10 fois d’affilé (bon, j’exagère, mais mon max approchait de ce nombre-là tout de même) ou alors il y a un truc qui cloche mais on ne sait pas trop quoi…

Quel est le temps le plus long que j’ai pris pour une photo? 3h. Oui-oui, 3h pour juste une seule photographie. C’était à l’époque de La Homemade Box, mon 1er concept de box artisanal qui a précédé Inspiré & Créé. Je devais photographier un ensemble des créations de la box, il y avait une création plus volumineuse que les autres, du coup, quand je photographiais de loin, on voyait bien la grosse création alors que les autres, on ne voyait presque rien! Donc il a fallu retravailler la mise en scène, mettre une boîte là pour faire tenir les petits objets ici pour qu’on les voit mieux, etc… Et à l’époque, je n’avais pas de feuilles blanches de taille raisin (que j’utilise, aujourd’hui) donc il fallait prendre plusieurs feuilles A4 pour faire un arrière-plan blanc. Aujourd’hui, je photographie à plat donc c’est plus facile mais lorsqu’un objet est mieux mis en valeur en étant debout, il faut s’occuper de l’arrière-plan pour pas avoir un support blanc tout beau et derrière, un truc tout moche qui gâche un peu tout.

Je vous ai dit que chez moi, il n’y a aucun mur blanc? (si-si, ça existe un appart sans mur blanc), on a un papier peint brun beige avec des rayures verticales que je n’aime pas du tout *grimace en surélevant un coin de sa lèvre supérieure*. Donc pour mes attrapes-rêves, eh bien, je n’ai pas le choix de les photographier à plat sur mon papier raisin mais je rêve de pouvoir le photographier sur un mur blanc à côté de belles affiches digne des catalogues déco!

Oh et après avoir photographier les créations, ce n’est pas fini! Il faut encore l’éditer sur Photoshop, régler la luminosité, niveaux, saturation, blabla… Parce que pour une raison mystérieuse, ce que je vois sur mon appareil photo (un Canon 500D en passant) n’est pas pareil à ce que je vois sur l’écran de mon pc.

Anecdote: pour mes créations, j’ai changé plusieurs fois de style photographique années après années pour trouver celle qui me convienne.

collier attrape reve cristal de roche

Collier attrape-rêve de la collection Dreamcatcher

Les créations: oups!

Avant de photographier une création, il faut la créer (vive la logique!). Dépendant des créations, cela peut prendre plusieurs minutes, plusieurs heures, voire plusieurs jours (bon, c’est encore jamais arrivé que ça prenne autant de temps pour moi sauf si imprévus). Parfois, on fait des erreurs donc oups, il faut la refaire! Parfois, y a un truc qui cloche et qu’on sait pas ce qui s’est passé mais il faut la refaire encore! Parce que des fois on imagine une création géniale, sublime qui éblouira tout le monde… et puis, quand on le finit, ça ne ressemblait pas du tout à ce qu’on avait en tête#frustrationcreative

Ah oui, et saviez-vous qu’on peut passer beaucoup de temps sur les sites web à rechercher nos matériaux parce que certains sont rares et/ou ne sont plus en stock chez nos fournisseurs habituelles? Et puis, le temps de livraison du vendeur et de la Poste… et cette dernière fait de belles bourdes de temps en temps avec des paquets qui n’arrivent pas! Heureusement, cela m’arrive que très rarement!

 

gif alice au pays des merveilles

Rédaction des fiches: bon, je raconte quoi?

« Dimensions du produit », « matériaux utilisés ». Euh, je dis quoi ensuite? Je sais que mon produit est génial, qu’il pète du tonnerre de Zeus (haha, pardonnez l’expression, je sais pas du tout d’où elle sort) mais que dire à part que le client va éblouir ses proches avec mon bijou qui brille comme le soleil? (c’est de l’humour, hein, je suis une personne modeste, voyons…) Une fiche qui devrait normalement prendre quelques minutes peut se transformer en un quart d’heure de réflexion pour savoir quoi écrire pour donner de la valeur à nos produits par les mots. Quelque chose qui va donner envie aux clients de l’avoir dans ses mains. Et ce n’est pas facile, croyez-moi, déjà que pour écrire l’introduction d’une newsletter, je peux galérer alors écrire une fiche produit. D’ailleurs, je ne suis pas encore satisfaite de certaines de mes fiches et je pense les ré-écrire plus tard… En tout cas, spoiler: pour la prochaine collection que je vous réserve (« Rêves Tissés« : des attrapes-rêves réalisés avec du tissage), je compte écrire une « histoire » dans mes fiches descriptives pour vous faire voyager au loin avec mes créations. J’adore écrire, je rêve d’être écrivain alors j’espère que l’inspiration sera là dès que je serais devant ma fiche! #pasdepageblanche

 

gif alice in wonderland

Les collabs avec créateurs et blogueuses: « hey, tu veux bosser avec moi? =D »

Pour les box de créateurs, je collabore avec d’autres créateurs. La recherche de créateurs, les envois de message, l’attente des réponses, rien que ça, ça prend du temps. Puis, on passe à la négociation, la réalisation de leurs créations. Certaines créatrices sont rapides, d’autres un peu moins. Ce qui est difficile dans ce genre de travail, c’est que si une des créatrices est en retard, c’est tout le lancement de la box qui est en retard…

De temps en temps, je collabore avec des blogueuses pour faire connaître ma marque. Je sélectionne en fonctionne de mes critères, toujours sur coup de coeur pour un univers qui correspond au mien et si possible, que je connais depuis déjà quelques temps. Là aussi, il y a l’attente, lorsque la personne ne répond pas, on se demande si elle a juste zappé ou bien si elle n’a pas reçu le mail. Parfois, la blogueuse sabote notre confiance et on se met en mode Hulk blasé (voir mon article: Lettre d’une marque aux blogueuses). Mais en général, ça passe!

 

gif gremlins

La psychologie de l’entrepreneur: « Allongez-vous sur le divan et racontez-moi tout »

Je vous ai dit, l’entrepreneuriat, c’est tout un monde! Dès que vous devenez entrepreneur, vous allez peut-être découvrir de nouvelles facettes de vous-même plus ou moins joli. Déjà, comme vous êtes votre propre patron, vous allez apprendre à gérer la comptabilité, le marketing, la promotion des produits, la communication, l’administration, la livraison et ptet d’autres choses que j’oublie. Grâce à tout ça, vous découvriez votre côté Wonder Woman (ou Superman) sauf que vous portez pas une cape ridicule, juste le bavoir de votre gamin qu’on sait pas trop comment c’est arrivé là.

Le côté négatif… ben, ça varie en fonction des gens. Soit vous allez y aller tranquille, soit, vous allez être un peu anxieux ou bien soit, vous serez en mode zombie parce que vous n’avez pas réussi à dormir la nuit dû à votre trop-plein de pensées. Être entrepreneur, c’est aussi savoir faire face aux doutes, angoisses, inquiétudes sur tout plein de chose: suis-je capable de réussir? Comment vais-je assurer mon avenir si -remplir la case- ? est-ce que ça vaut la peine de faire tout ça? Comment je prépare mon café déjà?

Oh et en plus de tout ça, on affronte « le reste de la population »: « quitter ton job pour être à ton compte? tu veux pas plutôt aller à l’asile de fous? », « t’y arriveras jamais », « prends-toi un vrai job » (je vais d’ailleurs aborder tout ça dans un prochain article intitulé: « L’entrepreneur contre le reste du monde« , ça fait vachement romanesque, non? Il faut avoir des nerfs d’acier et une volonté de fer pour aller au-delà de la peur projetée par la société. Bien sûr, qu’il y aura des gens pour vous soutenir. Mais il y aura plus de gens qui vous trouveront fous plutôt que des gens qui vous encourageront…

Le temps: quel jour on est? Il arrive qu’on est tellement empêtré dans nos tâches que le temps passe très vite « Quoi, déjà minuit? Mais je venais juste de me lever, ce matin! » Pour celles qui gèrent une activité principale + leur rôle de maman et qui ont le temps de s’occuper de leur entreprise, je vous admire!

La comparaison avec les autres entrepreneurs: « elle est plus rapide que moi, l’une est plus populaire, elle fait de belles photographies, etc ». On trouve tous types de personnes dans le monde de l’entrepreneur et certaines d’entre eux ont des qualités qu’on aimerait bien avoir! Mais se comparer aux autres ne fera que nuire à celle que vous êtes ainsi qu’à votre business. Travaillez en fonction de votre rythme, trouvez votre style de photo/de création! Après tout, ce que l’on voit chez les autres n’est qu’une partie de l’iceberg, on ne sait pas les étapes qu’elles ont dû franchir pour être les personnes qu’elles sont aujourd’hui!

succès iceberg

Souvent, lorsqu’on devient entrepreneur et qu’on travaille de chez soi, on a tendance à trop souvent penser au travail, à ce qui reste à faire pour atteindre tel objectif. Du coup, il arrive qu’on oublie un peu de prendre soin de soi tellement on est accro à notre entreprise! D’ailleurs, à mes débuts, j’étais du genre assez stressée, je voulais tout faire le plus vite possible, dès qu’une tâche était finie, j’en commençais vite une autre en ayant oublié le moment de satisfaction. Je travaillais aussi le week-end, tout ce vite-vite m’a épuisée et j’en étais devenue insomniaque. Heureusement, aujourd’hui, je suis plus sage, je m’accorde des week-ends de repos, je prends de moi avec de nombreuses thérapies naturelles et je suis une bonne grosse dormeuse. =p S’occuper de votre entreprise, c’est chouette! Mais si vous ne prenez pas soin de vous, votre entreprise sombrera avec vous.

gif how i met barney

La labyrinthe de l’entrepreneur: « tournez à droite, puis, à gauche, puis, tout droit et enfin, à droite et à gauche. Vous voyez, c’était pas compliqué, roh! »

Enfin, en dernière partie, je vous présente le Labyrinthe de l’Entrepreneur (à quand le film? =p). Avancez doucement, suivez le guide (un genre de Chapelier Fou) et prenez des notes. Avant de vendre, on se déclare. La plupart, comme moi, commence en auto-entrepreneur, on se dirige donc soit sur le portail de l’auto-entrepreneur pour s’inscrire, soit direction chambre des métiers. Déjà, vous allez devoir choisir entre vente, artisanat et libéral. Après quoi vous aurez à choisir entre une liste d’une dizaine et d’une dizaine d’activité, certaines au nom bizarre et d’autres semblant tellement similaires qu’on se demande si on ne devrait pas en prendre un au pif (ne le faîte pas évidemment!)

Parfois, notre activité est spéciale et la dame ne sait pas trop quoi dans quelle case vous mettre (« mettez-moi au pif, madame! »). Parfois, un bonhomme de l’administration donne une réponse différente d’un autre organisme, du coup, on est encore plus confus. Parfois, on remplit tout bien et on est super fier de nous mais au final, c’est l’administration qui capote et qui nous crée des dossiers différents #WTF. Puis, on doit s’occuper du RSI (la sécurité sociale des auto-entrepreneurs), en plus, à ce qui paraît, cette RSI commet de belles gaffes parfois.

Vous connaissez les arnaques du style « vous avez été tiré au sort », « vous allez recevoir un don d’1 million d’Euros »? Eh ben, chez les entreprises, ça existe aussi. On reçoit parfois des lettres qui semblent être des lettres provenant de nos organismes officielles et qui nous réclament telle somme pour notre entreprise, blabla. Mais-mais! pensez à lire les petites lettres écrites toutes en bas et le contrat écrit au dos qui indiquent que leur offre ne provient pas des administrations officielles parce qu’il y en a qui se sont fait avoir (eh ouais, faut pas lire trop vite quand on gère sa propre entreprise).

 

réaliser ses rêves

Bref, je crois vous avoir tout dit. S’il y en a parmi vous qui aspirent à être à son compte, vous savez désormais ce qui risque de vous attendre de l’autre côté du chemin! Mais! ne vous laissez pas décourager car même si c’est un chemin qui peut être difficile, cela peut aussi se révéler comme un voyage passionnant, le genre de chose qui vous fait aimer les lundis et qui vous fait sauter du lit en criant « youpi, je vais travailler!« 

Sur ce, je vous souhaite un très bon mois de mars et que le soleil du printemps vienne éblouir vos beaux visages! =p

quotidien entrepreneur créatif

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Comments

  1. Beaucoup de facettes de ton article me parlent :) J’ai hâte de lire le prochain « L’entrepreneur contre le reste du monde », je suis certaine qu’il va beaucoup me parler lui aussi et que le lire me fera beaucoup de bien, je me sentirai moins seule d’une certaine façon !
    Très belle soirée Aline :)

  2. J’ai souri à la lecture du passage sur l’administration française et dans quelle case se mettre pour s’enregistrer. J’en suis à cette étape et je dois dire que téléphoner à la CCI pour qu’elle me dise de voir avec la Chambre des métiers, prendre le n° de tél de la chambre des métiers et retomber sur la CCI ça m’a fait rire… un peu jaune je dois avouer…
    Allez, je continue dans ma lecture sur tes billets d’entreprenariat ;)

    A bientôt !

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